La vie vous comblera si vous la laisser faire

par Ariel Kane

La vie vous comblera si vous la laisser faire

egretJ’aime les oiseaux et j’adore les prendre en photos. Je dois admettre que j’ai une préférence pour les oiseaux hauts en couleur – à quelques exceptions près. Les mousseuses ailes blanches d’une grande aigrette peuvent capturer mon imagination et la silhouette d’un petit colibri reposant tranquillement sur une branche à la tombée du jour me remplit d’admiration.

Récemment, alors que j’essayais de prendre en photo un oiseau au plumage vif, j’ai reçu une leçon de vie inattendue. Ce jour-là, j’étais tellement concentrée sur ce que je voulais et ce que je connaissais que je faillis passer à côté d’une autre chose nouvelle et excitante.

Shya et moi étions à Caño Negro, un petit village tranquille du Costa Rica qui accueillent les amoureux de la nature et ceux qui aiment observer les oiseaux et pêcher le tarpon. On pêchait sur le Rio Frio depuis la veille et Shya avait attrapé plusieurs tarpons. L’un d’eux, qu’il avait attrapé le jour de son anniversaire, était énorme. C’était l’heure du déjeuner et Shya était occupé à confectionner des mouches pour la pêche de l’après-midi. J’avais aperçu des tangaras écarlates sous un arbre près de la salle à manger, et je me dirigeai vers cet endroit appareil photo en main dans l’espoir de prendre un beau cliché.

tarponLes tangaras à la croupe écarlate sont des oiseaux noirs avec, comme leur nom l’indique, une tache rouge écarlate au bas du dos. Leurs marquages sont très dynamiques et j’aime les observer dans leur environnement naturel. Notre hôtel avait une mangeoire pour les oiseaux et je savais qu’ils s’y approvisionnaient mais je les avais aussi vus évoluer dans un arbre proche et je préférais les photographier dans ce décor plus naturel.

Quand je m’approchai de la mangeoire, les tangaras prirent tous refuge dans un arbre voisin. Je pouvais toujours les voir mais je savais que ça allait être une photo difficile à prendre. Les oiseaux étaient sombres, les feuillages et les branches de l’arbre étaient sombres et ils étaient éclairés en contre-jour par la lumière éblouissante du soleil de midi. Mais je n’en démordais pas. Je voulais ce que je voulais. Le moment ne soutenait pas mon projet mais j’insistais pour essayer.

Je mis au point mon objectif et tentai différents réglages pour réussir à capter ce que je pensais vouloir si fort, gesticulant par ci et par là pour suivre le mouvement des oiseaux qui continuaient à faire leur possible pour m’éviter. J’étais si concentrée sur ce scoop potentiel que je n’entendis pas un homme s’approcher de moi.

« Excusez-moi » dit-il. « Vous aimez les oiseaux? »

Je me retournai et vis l’un des guides de nature debout juste derrière moi. « Regardez celui-là! C’est un Grand Pic. »

woodpeckerJe tournai la tête vers la gauche et sur un arbre se trouvait un oiseau magnifique. Il était coloré et intéressant et, à ma grande joie, facile à cadrer. Je remerciai cet homme chaleureusement et il se fondit à nouveau dans l’intérieur de l’hôtel. Pendant un moment, le grand pic continua à travailler sur le trou qu’il perçait dans l’arbre et je pus prendre cette photo.

En retournant vers ma chambre je ne pus m’empêcher de sourire de moi-même. Cet évènement m’avait rappelé une fois de plus qu’il est très facile de se concentrer sur ce qu’on connait et ce qu’on pense vouloir, basé sur nos expériences passées. Mais en faisant cela, on passe à côté de beaucoup d’autres choses. Il avait suffi que je prenne un peu de recul et que j’écoute la suggestion d’un expert. C’était si touchant que cet homme m’ait guidé vers la bonne cible. Je me félicitai aussi d’avoir suivi son conseil.

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