Gratitude

Par Ariel Kane

Gratitude

Article Bonus: C’est une bénédiction

Un jour, je faisais une petite promenade dans ma ville natale en fin d’après-midi quand tout à coup je sentis l’odeur d’un barbecue au charbon de bois. Une odeur d’herbe fraîchement coupée s’y superposa, accompagnée du chant des grillons et d’un bruit d’enfants jouant au loin.  Je me mis à penser à mes parents.

Je fus instantanément reliée à mon passé qui s’imposa devant moi à ce moment là – Mon père devant son grill;  moi contemplant les nuages tournant à l’orange et au violet, puis au bleu magenta et au rouge vif au moment où le soleil se couche au dessus des collines qui entourent, au loin, la ville de Portland. Ma mère qui crie “Don, pourquoi tu ne sortirais pas jouer avec Ariel ? Elle t’a attendu toute la journée . Je vais m’occuper du dîner”. Mon père et moi jouant au basket, lui “trichant” l’air de rien pour me laisser gagner. Je me souviens aussi de l’insatisfaction qui s’installa à l’adolescence – un désir insatiable pour quelque chose et pour une destination que je ne pouvais pas encore définir, un sentiment inconfortable de semi-solitude qui me suivait partout, même avec mes amis.

Et puis plus tard, après être venue à New York pour suivre mon rêve de devenir actrice, la rencontre avec Shya et la fin de cette drôle de solitude. En fait, ce sentiment de solitude disparut le jour où j’acceptai de vivre sans lui – acceptant le fait qu’il allait partir vivre sur la côte Ouest alors que j’allais rester à New York et qu’on ne se marierait pas. A ce moment-là, j’étais en paix avec moi-même. je n’étais plus seul, j’étais heureuse de  “m’avoir”. Etrangement, ce même soir, Shya me demanda en mariage!

Je suis reconnaissante d’avoir dit “Oui!”, en dépit de mes réserves au sujet du mariage et de tout ce qu’il entraînait. Je suis reconnaissante que dans les années qui suivirent, ma grand-mère devint accro aux feuilletons de télévision parce qu’elle voulait absolument me voir dans celui où j’avais un rôle dans les années 80. Je remercie aussi les gens qui écrivirent aux producteurs du feuilleton (avec quelques encouragements de ma part, bien sûr) pour dire qu’ils adoraient mon personnage et les encourager à augmenter ma participation dans les épisodes suivants.

Au bout du compte, je suis aussi infiniment reconnaissante que toute ma formation d’actrice et tous les cours que je suivais à l’époque, m’amenèrent à découvrir comment être moi sans concession – ce qui ne veut pas dire que je ne m’excuse pas quand c’est approprié.

Ma vie, avec tous les échecs apparents, les cassures, les pertes m’a conduite ici, vers ce moment présent.

Ma vie, avec tous ces moments oubliés des étés de mon enfance, m’a aussi conduite vers ce moment.

Même la pandémie du Coronavirus et les changement brutaux, les pertes et l’isolation qui s’ensuivirent m’ont conduite vers ce moment.

Et je suis reconnaissante. Reconnaissante de tant de choses: d’être en vie, d’être en bonne santé, d’être avec Shya et d’avoir nos séminaires, nos participants, nos amis, notre maison, et puis, et puis, et puis…

En vérité, juste le fait d’être présente en ce moment me suffit pour ressentir cette gratitude.

Merci d’avoir lu cet article, j’en suis…

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