Ariel & Shya Kane: Catalysts for Instantaneous Transformation
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La grandeur du moment présent

Un extrait de Being Here,
Modern Day Tales of Enlightenment
, par Ariel & Shya Kane

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Mars 2010

Début septembre 2004. C'était notre premier jour au large des côtes du Venezuela et Shya venait d'attraper et de relâcher son tout premier marlin blanc. Les occasions de prendre des photos spectaculaires de cette danse acrobatique entre poisson et pêcheur abondaient.

Ce jour là, l'océan était d'un calme plat. C'était inhabituel. Quand nous rentrâmes au port on nous informa que les bateaux ne seraient pas autorisés à sortir le jour suivant. Cette mesure était prise en prévision de l'arrivée de l'ouragan Ivan (le Terrible), qui devait passer près des côtes du Venezuela.

Grâce à sa situation géographique, ce pays est généralement épargné par les puissants cyclones. Mais, bien que la tempête ait été localisée au nord et à l'est de l'endroit où nous nous trouvions, les gardes côtes prévoyaient une mer déchaînée. En se promenant sur la jetée, on entendait les équipages parler de la fermeture du port et ils semblaient tous penser que c'était une mesure de précaution exagérée. D'après eux, il ferait beau le lendemain.

Après le dîner nous partîmes nous coucher sans savoir ce qui nous attendait. Nous fûmes réveillés au milieu de la nuit par une pluie battante qui martelait le toit, typique d'un déluge tropical.

Au matin, la pluie avait cessé, mais quand on sortit et qu'on alla vers le port, la tension dans l'air était palpable. Les habitants étaient encore traumatisés par les évènements de décembre 1999 quand, après 16 jours de pluie ininterrompue, les montagnes environnantes s'étaient écroulées sur une longueur de 100 kilomètres. Des tonnes de boue, de rochers et de débris étaient tombées dans la mer en pleine nuit quand tout le monde dormait. Certaines personnes avaient vu leur village entier disparaître. Un jeune homme nous raconta qu'il avait sauvé 50 personnes en les sortant de la boue. Sa maison était la seule avec trois autres qui ait survécu à cette catastrophe. Ceux qui avaient connu ça écoutaient la météo avec anxiété.

En marchant le long du bassin on sentait la tension ambiante. Plusieurs millions de dollars de bateaux étaient amarrés là, l'un contre l'autre, et les équipages s'activaient pour renforcer les amarres et les pare–chocs. Tout le monde sur le pont...

Bientôt la marée commença à monter et les bateaux commencèrent à s'entrechoquer en suivant le mouvement de l'eau. Au loin, on pouvait voir les vagues qui commençaient à passer par–dessus la digue. Shya et moi avalâmes notre double expresso (il faut savoir garder ses priorités même en temps d'ouragan!) et je pris mon appareil photo et me mis à prendre des clichés de ces préparations fébriles. Des indigènes m'aperçurent, appareil à la main, et ils suggérèrent que nous montions sur le toit d'un immeuble à moitié construit (la construction s'était arrêtée après la glissée de terrain de 99 et n'avait pas encore repris) afin d'avoir une meilleure vue. Nous les suivîmes à travers un garage souterrain sombre et poussiéreux où se trouvait un amas de vieux bateaux, et commençâmes notre ascension vers le toit. C'était un peu effrayant. En certains endroits, il n'y avait pas de rampe d'escalier et la cage d'ascenseur était ouverte.

Dans les escaliers, on passa au–dessus d'une empreinte d'iguane. Elle était morte là et il n'en restait plus que cette trace. Quand nous arrivâmes au sommet, nous nous dirigeâmes vers ce qui aurait été les fenêtres du dernier et onzième étage. A cette hauteur, on pouvait toujours sentir le chaos contrôlé qui se déroulait au sol.

Quelqu'un était en train de déplacer un Garlington de 20 mètres, une beauté à la coque bleue. La houle avait soudainement tellement augmentée que les taquets de ciment auxquels il avait été amarré avaient été détruits. Ils cherchaient donc un nouveau point d'attache. Nous étions particulièrement intéressés par cette manœuvre parce que c'était le bateau que nous avions loué et tout notre équipement de pêche était encore à bord.

Je pris des photos au moment où la mer commençait à passer par–dessus la digue et plus tard quand les vagues gigantesques s'écrasèrent dans le port. La digue faisait 6 mètres de haut mais les vagues en faisaient 8. Des montagnes d'écume s'élevaient vers le ciel. Les bateaux à voiles étaient ballottés sur les flots comme des jouets. On voyait des âmes courageuses s'accrocher aux mats, essayant de survivre à la tempête à bord de leur bateau. Le vent s'était levé, et les voiles et les drapeaux fouettaient au vent. Et puis, les vagues atteignirent leur summum et tout à coup, le pire était passé. Bientôt, tout fut tranquille.

Le lendemain, on découvrit que trois personnes était mortes dans le port ce jour là. Les vagues avaient dévoré les pontons, les bateaux et les hommes. Cinq surfers qui avaient bêtement tenté leur chance sur ce mur d'eau avaient également péri, mais notre bateau était intact. Plus tard, alors que nous sortions du port et passions en revue cette destruction, je me mis à penser à ces âmes perdues.

Je ne pense pas qu'elles avaient imaginé, en se réveillant ce matin là, que leur dernier jour était arrivé. Elles avaient probablement des projets pour le jour suivant, le week–end suivant et le reste de leur vie. Je me mis à prier pour ces victimes et leurs familles en deuil.

J'eus à ce moment là une expérience directe du côté éphémère des choses. Je me sentis reconnaissante de la chance qui nous autorisait tous les deux à poursuivre notre vie et à connaître une nouvelle journée.





La fureur de la nature nous avait effleurés de son aile et nous avait laissés pantois. C'était un rappel de la fragilité et du grand prix de la vie ainsi que de la grandeur du moment présent.


Depuis 1987, Ariel et Shya Kane, conseillers de vie et auteurs de renommée internationale guident avec habileté et humour les participants à leurs séminaires hors de la confusion de pensées répétitives et vers la clarté du moment présent. Leur nouveau livre Working on Yourself Doesn’t Work, Three Simple Ideas That Can Instantaneously Transform Your Life sortira en librairie le 3 octobre 2008. Vous pouvez le commander dès maintenant sur Amazon.com. Pour en savoir plus sur les Kane et leur communauté de Transformation ou pour recevoir leur article mensuel, visitez leur site internet à www.TransformationMadeEasy.com