Articles du mois
Un voyage de première classe
Août 2011
Si vous avez raté les articles des mois précédents, cliquez ici pour les voir
Si vous êtes présent et attentif, vous pouvez apprendre des choses passionnantes de sources très inattendues. Les grands maîtres sont partout. Bien sûr, il faut être intéressé, il faut se concentrer sur autre chose que soi–même, il faut écouter et avoir le désir de voir et d'admirer l'esprit et le cœur humain. Il faut être prêt à admettre qu'avec les yeux pour le voir, tout le monde possède en soi la brillance du diamant.
Un soir, à San José, au Costa Rica nous avons loué les services d'un grand maître. Il s'appelait Eduardo. Nous l'avions engagé pour nous servir de chauffeur et nous emmener au restaurant. Cette course en taxi s'est transformée en une belle leçon de vie. Normalement, un taxi est un moyen de se rendre à une destination. Ce soir là, notre destination fut un moyen de rencontrer Eduardo. Nous n'avons pas gardé de souvenir du restaurant, mais nous n'avons jamais oublié Eduardo.
Tout de suite, nous avons remarqué un certain calme dans son attitude et cela nous a plu. Eduardo, Costaricain proche de la quarantaine, conduisait à San José depuis plusieurs années. Il nous dit qu'au fil des ans, la circulation des voitures avait beaucoup augmenté mais le système routier restait inchangé. Il conduisait de manière sportive quand c'était possible et approprié, mais quand ça ne l'était pas, il ne stressait pas, et il ne nous stressait pas non plus. Il attendait tranquillement son tour, plutôt que d'essayer de se forcer un passage dans la mêlée.
Nous étions contents que son niveau d'anglais soit bien supérieur à notre espagnol et c'était facile de converser avec lui. On apprit qu'il avait grandi dans une ferme près de la frontière du Panama et qu'il était venu à San José parce qu'il y avait plus "d'opportunités". Il avait aussi vécu dans le New Jersey pendant une année et il avait étudié l'anglais pendant deux ou trois mois. Il y avait travaillé principalement comme paysagiste et dans la construction de route où il conduisait des machines. C'était un travail difficile, surtout en été, mais il avait économisé son argent et il avait pu acheter une voiture et une petite maison en rentrant.
En chemin, il nous parla aussi de sa maison. Dans le jardin il y avait un oranger. Au printemps il se réveillait avec la douce odeur des fleurs d'oranger. Les singes à face blanche venaient bavarder dans l'arbre et déguster ses fruits. Des toucans s'installaient souvent dans son jardin ainsi qu'une variété d'autres oiseaux qui le réveillaient le matin avec une symphonie de sons.
Au milieu d'un embouteillage, son portable se mit à sonner. C'était son fils de 17 ans. Ah! être le père d'un adolescent ! Nous étions tous d'accord que les enfants, à cet âge, se sentent invincibles et pensent qu'ils sont adultes alors qu'ils n'ont pas la maturité pour prendre de bonnes décisions. Il était évident qu'Eduardo avait les préoccupations d'usage pour ses enfants (il en avait 2) et pourtant il n'eut pas de difficulté à les laisser de côté tout comme son téléphone portable quand la circulation s'améliora.
Être avec lui était une leçon sur l'art de se relaxer. Il démontrait qu'il n'est pas nécessaire de se stresser ou de stresser les autres conducteurs, lorsqu'on sait qu'on arrivera à destination au bout du compte. Pas nécessaire de stresser ses passagers non plus, juste pour prouver qu'on s'occupe bien d'eux. Il montrait qu'on peut se déplacer avec totalité, alacrité et engagement lorsque c'est nécessaire mais qu'il est inutile de forcer les choses et de manquer de respect aux autres quand il n'y a pas moyen d'avancer. C'était aussi une leçon en temps réel sur l'art de laisser tomber les choses auxquelles on ne peut rien faire dans le moment. Quand il conduisait, toute son attention était portée sur la conduite, pas sur sa famille, sa maison ou des choses qui ne faisaient pas partie de son environnement immédiat. Il ne pensait pas non plus à sa survie et à sa prochaine course.
Les rues de San José sont très polluées et remplies d'odeurs de pots d'échappement. Néanmoins, ce temps passé avec Eduardo était comme une bouffée d'air frais. En dépit des multiples opportunités de se plaindre et de regretter les choix d'itinéraire, aucune plainte ne fut émise durant toute notre course.
Juste deux jours avant cette rencontre avec Eduardo, nous avions dîné avec un couple extrêmement riche. Ils faisaient partie d'un groupe d'élite et le dîner fut parsemé de conversations sur leurs serviteurs et leurs jardiniers et leurs théories sur la nutrition des "pauvres" qui pourraient se nourrir convenablement si seulement ils mangeaient du riz, des haricots et des bananes plantains à chaque repas.
Ce couple était dédaigneux et pratiquement grossier avec le personnel du restaurant. Ils avaient aussi passé au crible le délicieux repas qui nous était servi. A un moment donné, en se tamponnant la bouche avec sa serviette, le gentleman du couple nous avait demandé: "Quelle est la classe sociale des gens qui participent à vos séminaires ?"
La question nous avait pris de court. Nous ne nous y attendions pas : "Comment ?" dit l'un de nous. "Je vous demande pardon ?" dit l'autre.
– "Vous savez.… grande bourgeoisie, classe moyenne?"
Nous étions, en vérité, choqués par la question. Nous répondîmes quelque chose du genre: "Nous travaillons avec des gens de tous les milieux qui s'intéressent à ce qui est possible pour eux et qui souhaitent vivre leur vie avec excellence."
Intérieurement, on pensa à la chance que nous avions d'avoir une audience si diverse soit dans nos groupes soit sur l'Internet grâce à notre programme radio et à notre club "The Excellence Club". Les visages des gens que nous avons eu le privilège de rencontrer au fil des années, se présentèrent à notre esprit. Des gens que ce couple se permettrait d'exclure à cause d'une liste de critères impossible à remplir.
Alors, assis confortablement dans le taxi d'Eduardo qui nous ramenait si habilement vers notre hôtel, nous nous demandâmes qui possédait la vraie richesse, qui avait le plus de classe. Cette course avec Eduardo, notre maître d'un soir, fut vraiment une course de première classe avec un homme vraiment prospère.
Depuis 1987, Ariel et Shya Kane, conseillers de vie et auteurs de renommée internationale guident avec habileté et humour les participants à leurs séminaires hors de la confusion de pensées répétitives et vers la clarté du moment présent. Leur nouveau livre Working on Yourself Doesn’t Work, Three Simple Ideas That Can Instantaneously Transform Your Life sortira en librairie le 3 octobre 2008. Vous pouvez le commander dès maintenant sur Amazon.com. Pour en savoir plus sur les Kane et leur communauté de Transformation ou pour recevoir leur article mensuel, visitez leur site internet à www.TransformationMadeEasy.com